La maison passive

L’heure est plus que jamais aux économies d’énergie, notamment dans l’habitat. Et naturellement, l’énergie la moins chère est celle que l’on n’utilise pas. Inclure la consommation d’énergie dès la phase de conception d’un bâtiment est donc primordial. De plus en plus, les nouvelles constructions sont des maisons passives. Nous allons voir maintenant ce qui se cache exactement derrière ce terme, et quels sont les avantages d’une maison passive.

Qu’est-ce qu’une maison passive ?

Pour faire simple, une maison passive est une construction particulièrement performante en termes de consommation d’énergie. Né en Allemagne, et dans les pays du nord de l’Europe plus généralement (les pays les plus touchés finalement en termes de consommation d’énergie à cause de la nécessité de chauffer en hiver), la maison passive est désormais devenu un standard répandu partout dans le monde.

Un des objectifs est d‘obtenir un habitat confortable été comme hiver, avec une exigence de qualité très élevée, tout en obtenant une consommation énergétique minimale. L’autre objectif est d’avoir une construction durable, non polluante, et capable de faire face sur le long terme aux changements climatiques à venir.

Si certains pays ont déjà défini une norme assez précise, comme l’Allemagne avec le « Passivhaus », ce n’est pas encore le cas de la France. Les normes françaises, bien que souvent contraignantes, ne sont pas encore suffisamment claires et précises. Elles devraient l’être avec la nouvelle réglementation thermique prévue en 2020.

Comment obtient-on une maison passive ?

Plusieurs éléments sont à prendre en compte afin d’obtenir une maison la moins énergivore possible :

  • Une isolation thermique efficace
  • L’élimination des ponts thermiques
  • L’étanchéité à l’air
  • Une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) double flux
  • Une ventilation nocturne
  • Un équipement solaire passif
  • Des appareils électroménagers moins consommateurs en termes d’énergie

L’isolation thermique se doit naturellement d’être très performante. Elle doit être appliquée sur l’ensemble des surfaces extérieures de la maison, et ce, sans interruption, afin d’éviter les ponts thermiques. Elle doit être la plus compacte possible afin de limiter sa surface extérieure. Un triple vitrage de qualité doit également être choisi pour les ouvertures de façon à limiter leur impact en termes d’échanges thermiques entre l’intérieur et l’extérieur.

Les ponts thermiques, s’ils sont quasiment inévitables puisque liés à l’assemblage des éléments constituant le bâtiment (murs, dalles…), doivent être réduits au strict minimum.

Afin de réduire les échanges entre l’intérieur et l’extérieur, et donc la perte d’énergie, l’étanchéité à l’air doit être particulièrement soignée. La continuité entre les différents éléments de la structure (ouvertures, conduits de cheminée, canalisations, gaines électriques…) doit donc être particulièrement surveillée.

L’étanchéité étant donc l’une des caractéristiques d’une construction passive, seule une VMC double flux sera à même de renouveler l’air intérieur. Elle devra être associée à un récupérateur de chaleur afin de limiter la quantité de calories qui sera rejetée à l’extérieur. La VMC va en outre réguler l’humidité de l’air en évacuant l’air vicié des zones humides comme la salle de bain, la cuisine ou les toilettes. Une ventilation nocturne est également indispensable pour les régions plus chaudes afin de profiter de la nuit pour rafraîchir la maison.

L’ajout de capteurs solaires passifs permettra de capter la chaleur la journée, afin de la stocker pour la restituer ensuite. Ces capteurs sont constitués notamment par les parties vitrées de la maison, qui devront être dimensionnés en fonction de l’orientation de la construction. Les plus grandes surfaces devront naturellement être positionnées au sud. Des protections (auvent, volets…) devront être ajoutées afin d’éviter une surchauffe en été.

Enfin, il ne peut y avoir de maison passive sans équipement électroménager économe. Des appareils comme le lave-linge ou le lave-vaisselle consomment une grande partie de leur énergie pour le chauffage de l’eau utilisée. Choisir des appareils économes et les associer à une source d’eau chauffée par un équipement passif (solaire par exemple) permet de diminuer considérablement leur consommation.

Construire une maison passive

Le principal inconvénient d’une maison passive est son coût. Il faut compter environ 20% de surcoût par rapport à une construction classique. Toutefois, ce surcoût est rapidement amorti grâce aux économies d’énergie réalisées. D’autre part, ceux qui souhaitent construire une maison passive rencontrent un autre problème : le nombre limité d’architectes et d’artisans formés et qualifiés pour ce genre de projet. Si vous avez un projet de construction et que vous êtes à la recherche de professionnels qualifiés, n’hésitez donc pas à consulter notre annuaire spécialisé.

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